Guerre contre les géants de la technologie: l’Europe affûte les armes réglementaires


L’Europe veut resserrer encore plus les liens autour des grandes entreprises technologiques, parmi les rares à avoir bénéficié des effets de la pandémie. La route va dans le sens de des règles plus strictes, comme il l’a récemment confirmé dans une interview avec Repubblica Margrethe Vestageuse, vice-président de la Commission européenne. L’objectif est d’identifier des règles qui peuvent clairement établir ce qu’une entreprise peut et ne peut pas faire.

LA RÉGLEMENTATION ANTITRUST NE SUFFIT PAS

Approuver une nouvelle législation pour limiter le pouvoir des géants d’Internet et de la technologie signifie admettre que les règles de concurrence actuelles sont insuffisantes pour y parvenir: contre Google ou Facebook, nous avons besoin d’armes plus puissantes que les procédures antitrust individuelles, Il dit Vestager stressant alors comment les géants du secteur technologique doivent être appelés aux responsabilités qui découlent des positions de force qu’ils occupent (étant portier, c’est-à-dire avoir le pouvoir de contrôler l’accès aux marchés numériques).

le succès et le pouvoir sont inséparables de la responsabilité, et les géants de la technologie ne l’ont pas compris. Nous devons les forcer à assumer leurs responsabilités.

PARTAGE D’INFORMATIONS POUR FACILITER LA CONCURRENCE

Interrogé sur comment l’Europe entend procéder Vestager répond en donnant quelques exemples: il pourrait par exemple forcer de grandes plateformes telles qu’Amazon à partager des données avec le les entreprises qui dépendent de l’accès aux plateformesest. Ou forcer les entreprises à divulguer quels sont les critères sur la base de laquelle il est établi quel résultat de recherche sur le Web doit avoir la priorité sur les autres ou qui affecte la composition d’un fil d’actualité. Le but ultime de ces interventions est de s’assurer que la position de force de géants comme Microsoft, Amazon, Google et Facebook n’entrave pas la concurrence:

Les acteurs dominants du marché ne doivent pas utiliser leur pouvoir pour empêcher la concurrence.

CONFIANCE DANS LE NOUVEAU COURS AUX ÉTATS-UNIS

En définissant l’action pour contraster le pouvoir excessif des géants technologiques L’Europe n’est pas seule, à la fois parce que les États-Unis ont également montré qu’ils adoptent des positions similaires – pensez aux propositions de démembrement des fortes concentrations de pouvoir dans le secteur technologique lancées sous la présidence Trump, ou aux procédures antitrust contre Google et Facebook – et parce que Vestager est convaincu que la nouvelle administration de Biden acceptera également l’invitation pour continuer la lutte ensemble.

La question posée par Repubblica à Vestager n’est pas anodine: pourquoi les États-Unis devraient renoncer à leur suprématie, étant donné qu’une grande partie de l’infrastructure technologique est de marque américaine? (pensez par exemple à tous les services cloud les plus populaires). La réponse réside dans les mesures susmentionnées avec lesquelles les États-Unis ont montré qu’ils n’avaient aucun scrupule à prendre des mesures contre les grandes multinationales d’Internet: Les Américains craignent les géants de la technologie autant que nous. De nombreux États américains participent à des poursuites contre Google et Facebook, et certains États ont déjà adopté des règles strictes de protection des données.

Vestager tend la main à Biden, revendiquant l’expérience de l’Europe dans le contrôle des grandes plates-formes et la protection des données. Biden n’a pas encore officiellement accepté, mais il semble que ce sera une invitation qui ne sera pas destinée à tomber dans l’oreille d’un sourd.

EN ATTENTE DU DROIT COMMUNAUTAIRE, CEUX QUI BRÛLENT LES ÉTAPES

Quand l’Europe parle d’une intensification des règles, la référence ne peut aller qu’à Loi sur les marchés numériques qui aura pour tâche d’établir des principes valables pour tous les États membres. Le fait demeure qu’entre-temps les états européens individuels peuvent adopter leurs propres réglementations nationales: L’Allemagne a adopté une loi en janvier qui donne à l’autorité nationale antitrust de plus grands pouvoirs d’enquête et d’intervention vis-à-vis des grandes entreprises technologiques.

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